Killer, le jeu de rôle dont vous êtes... la victime !

Site Killer

Glossaire des mots techniques
et autres explications

anglais

Pourquoi ça jacte anglais ? Parce que les premiers jeux de rôle venaient des pays anglo-saxons, les joueurs de ma génération ont commencé avec des règles du jeu en anglais, des magazines en anglais. Le jargon est en franglais. J'ai joué avec des joueurs un peu plus vieux que moi (des gars de la Ligue d'Improvisation : comment jouer un rôle quand on pisse de rire ?) qui mettaient très peu de français dans leur franglais !

background

On dit aussi « arrière-plan » , mais ça sonne mal en français, et ça n'a pas la richesse de sens du mot anglais.
J'ai cherché mieux, mais j'ai pas trouvé.

Le background, c'est le résumé que chaque joueur reçoit du maître de jeu sur son personnage. Bien sûr, le joueur peut s'inventer un passé, mais le MJ a toujours son mot à dire, afin d'assurer la cohérence de l'histoire. Il contient :

  • le passé du personnage
  • les compétences du personnage, simplement décrites ou quantifiées par des chiffres (chimiste, il a 80% de chances d'identifier le contenu d'un sachet de poudre blanche trouvé dans le réservoir de la chasse d'eau : « c'en est pas, c'est du bicarbonate de soude ! Allo, tonton ?»)
  • la liste des objets qu'il est supposé avoir en poche
  • la liste des gens qu'il est sensé connaître (et qu'évidemment il ne connaît pas réellement), et donc la partie de leur background qui lui est connue
  • la description de sa situation et de son environnement actuels, juste avant qu'on ne crie « moteur ! »

 

couverture médiatique

Evidemment, si vous demandez à des sponsors de fournir des cadeaux (ne jamais demander d'argent, ça ne fonctionne pas, mais par exemple un grand fabricant de jouets m'avait fourni un énorme carton de gadgets sur un simple coup de fil), ils vont vouloir savoir si on va parler de l'événement, pour avoir un peu de pub en échange, le killer lui-même touchant assez peu de monde. Quand vous aurez recruté cent joueurs, ce sera déjà un beau gros killer. En théorie, vous devriez donc rameuter tous les journalistes de la planète. C'est là que je dis : gare, gare, gare !

Tous les jeux de rôle ont ça en commun : vus de l'extérieur, c'est-à-dire par un non-joueur, ils ressemblent à un sabbat chez les dingues. C'est un peu comme si on amenait un non-initié à un match de boxe, là où l'amateur éclairé voit de superbes uppercuts et de magnifiques crochets, le profane ne voit que des coups de poing sur la gueule. Cette remarque vaut aussi pour les parents, compagnes, professeurs, patronnes de vos joueurs. Ils peuvent devenir de merveilleux complices s'ils savent à quoi s'en tenir, ou de prodigieux emmerdeurs s'ils se braquent.

Méfiez-vous donc de l'image que vous projetez, et invitez plutôt la presse sur des points de scénario archi-préparés, voire demandez carrément aux joueurs de participer à une action un peu répétée (c'est mentir, comme dirait Souchon, mais bon...), plutôt que de lâcher un type avec une caméra au milieu de votre killer. L'image du jeu et des joueurs en a déjà souffert par le passé, pas la peine d'en rajouter. « Ah, c'est normal que le môme ait attaqué le buraliste, il jouait à Donjons et Dragons ». L'information, ça se met en scène.

Filez-leur l'adresse de ce site, ça leur permettra de se renseigner avant de faire leur papier, et de se coucher moins bêtes. (J'ai le droit de me moquer des journalistes, j'ai moi-même commis quelques articles, dans le temps.)

grandeur-nature

Jeu de rôle où les joueurs sont sur leurs deux jambes, par opposition au jeu « de table » ou « sur table » (mais on ne joue pas sur la table, hein) dans lequel les joueurs sont assis et se contentent de jouer leur rôle verbalement (bon, ça déborde un peu, parfois, dans le feu de l'action). Dans le jargon, le terme désigne surtout le jeu en extérieur et en costumes (souvent en ambiance médiévale), les autres types de GN étant désignés par leur nom précis (killer ou murder-party).

Chez EVA, nous nommions « jeu de rôle narratif» le jeu sur table, pour s'y retrouver.

In Nomine Satanis / Magna Veritas

© Bruno Bellamy

Jeu de rôle dû à Croc, prolifique auteur français, dans lequel les joueurs incarnent soit des anges (un rien iconoclastes, je le crains), soit des démons qui descendent ou montent sur Terre pour accomplir des missions.

 

Le site de l'éditeur d'INS/MV : http://www.siroz.com/jeux_de_roles/ins_mv/

 

Notre adaptation : le Sceau de Salomon

 
jeu de rôle

Jeu qui consiste à interpréter le rôle d'un protagoniste (généralement un héros) dans une histoire. Bien entendu, l'histoire est modifiée par l'intervention des personnages des joueurs, et le maître de jeu, qui se charge de la raconter (et souvent d'interpréter les seconds rôles), l'adapte au fur et à mesure du déroulement de la partie.

Dans le grandeur-nature, le meneur de jeu est assisté par des « personnages non-joueurs » qui connaissent le scénario et l'aident à le mener à bien, parce que les joueurs se déplacent et qu'il ne peut pas être partout. On leur donne le rôle d'un personnage qui jouit d'une certaine autorité (le commissaire, le maître de maison, le notaire, le grand chambellan) de façon à leur permettre d'infléchir le cours de l'histoire sans sortir du jeu.

Autour d'une table, le maître du jeu est généralement seul. C'est d'ailleurs préférable.

jeu sur table
Par opposition au grandeur-nature, les joueurs restent assis autour d'une table et n'interprètent leur rôle que verbalement, réagissant à l'histoire dans laquelle les intègre le maître du jeu.
Exemple :

Joueur : je crochète la porte pour entrer chez le suspect.

MJ : elle s'ouvre assez facilement.

Joueur : je fouille partout, méthodiquement.

MJ : tu ne trouves pas grand chose d'intéressant, sauf une cassette audio sur laquelle il est inscrit « Beethoven ». Jusqu'ici tu n'avais trouvé que du rock'n'roll.

Joueur : je la mets dans le lecteur de la chaîne.

MJ : une voix sort des hauts-parleurs. Elle dit : « il faut vous débarrasser de ces fouineurs ; à force de vous coller comme ça ils vont finir par... ». Et là tu entends un pas dans l'escalier. Qu'est-ce que tu fais ?

Les règles du jeu servent à régler les situations litigieuses et à cadrer les possibilités d'un personnage ; par exemple, le maître du jeu a testé (par un jet de dés) le talent du joueur à forcer une serrure, avant de lui dire s'il y parvenait. Cependant, le maître de jeu est vraiment tout puissant (d'où son nom), il peut tout à fait, si cela sert son scénario, mettre un gros verrou à la porte ou au contraire accorder l'ouverture sans lancer les dés. C'est dans ce sens que je dis que les joueurs de JdR sont habitués à être fair-play et à accepter des décisions qui pourraient sembler arbitraires : ils ne savent pas ce que contient la suite de l'histoire ; s'ils se font friter par un petit extra-terrestre tout fripé tout vieux lors d'un combat, ils doivent l'accepter comme un élément de l'histoire et chercher à comprendre pourquoi (« tu n'es pas encore prêt, petit Skywalker »). Ils ne doivent pas supposer que c'est parce que le MJ les a dans le nez. Ce sont les mauvais MJ qui font ça, et on n'en connaît pas, oh non, n'est-ce pas, mon Trésor ? Pareil si un petit gars aux pieds poilus est subitement introuvable, hmmm ?

A noter que le jeu de rôle narratif est un jeu de coopération, c'est à dire que les joueurs forment une équipe. Ils ne se combattent théoriquement pas entre eux (mais la zizanie, parfois, s'installe), ils affrontent les méchants du scénario.

killer (ou killer game)

Jeu de rôle grandeur-nature qui consiste pour les joueurs à s'entre-tuer « pour de faux » avec des armes factices, généralement jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un qui est déclaré gagnant. Pour que ce soit rigolo, on demande aux joueurs de faire preuve d'une certaine inventivité (déguisement, système à retardement...) et bien sûr la présence de témoins lors du meurtre est sanctionnée.

Dans sa version simple (pan-pan), le killer est vraiment à la limite du jeu de rôle, plus près de la blague de potache. C'est d'ailleurs là son origine. Les killers plus organisés poussent les joueurs à interpréter un vrai rôle, compatible cependant avec la vie quotidienne (d'où le succès des scénarios d'espionnage : votre vie privée devient votre « couverture d'agent » ). Et le meurtre n'est plus forcément le but ultime. Il y a un scénario, géré par des organisateurs, et la réussite consiste à accomplir sa mission.

maître du jeu (ou meneur de jeu)

Joueur qui gère le déroulement de la partie et s'efforce d'en maintenir la cohérence. Il connaît tout de l'histoire qu'il fait vivre aux autres joueurs.

McGuffin

Ce n'est pas un terme de jeu de rôle. C'est le grand Alfred Hitchcock lui-même qui en parle dans ses entretiens avec Truffaut (je vous conseille le bouquin, un de mes livres de chevet). Le McGuffin, c'est, dans une histoire à suspense, la chose que tout le monde cherche. Peu importe ce que c'est ! Ce qui est intéressant, ce sont les aventures que vivent les différents protagonistes pour retrouver le fichu machin avant leur adversaire.

murder-party (ou murder)

Jeu de rôle grandeur-nature qui consiste à se réunir dans un lieu clos pour une soirée. Au bout d'un certain temps, quelqu'un « meurt » assassiné. Les invités décident alors de chercher eux-mêmes l'assassin (qui est forcément l'un des leurs) en attendant l'arrivée de la police. L'intéressé et ses éventuels complices va tout faire pour brouiller les pistes, évidemment. Souvent, l'enquête dévoile des histoires annexes, qui viennent compliquer les choses : le prétendu colonel Moutarde est innocent du crime, mais il refuse d'être fouillé, vu que c'est lui qui a profité de la confusion pour piquer son collier à mademoiselle Rose ! Il aimerait bien que l'assassin soit démasqué, ça éviterait qu'on s'intéresse de trop près à son état-civil, mais il ne peut pas révéler les propos qu'il a surpris pendant qu'il ouvrait le coffre dans le bureau.

Vous voyez le genre ? J'ai donné un exemple très académique (Agatha n'a qu'à bien se tenir !) mais chaque maître du jeu peut inventer sa propre histoire sur le principe du vase clos.

C'est mieux si l'assassin est un joueur, et pas un complice (mais il faut le choisir malin, de préférence un joueur expérimenté).

 
Cliquez ici pour une définition plus longue
 
paint-ball

C'est une forme de killer simple où les joueurs utilisent des « lanceurs » (on ne doit pas dire des flingues, ce n'est pas politiquement correct) qui envoient des balles de peinture à très grande vitesse. Le joueur touché (splatch !) est « mort » et quitte le jeu. La dimension jeu de rôle est très succincte, c'est plus un défouloir, ou un sport, qu'un jeu de rôle. Certains joueurs jouent au paint-ball avec un scénario, mais ce n'est pas la majorité. Le paint-ball exige une garantie de sécurité physique, et au moins un masque de protection, l'impact des balles étant assez violent.

scénario

Dans un jeu de rôle, histoire mise au point par le maître de jeu et les autres organisateurs éventuels, et dans laquelle les personnages des joueurs seront insérés. En jouant, ils vont infléchir le déroulement de l'histoire. C'est le boulot du maître de jeu de prévoir les réactions des joueurs, et de leur préparer différents chemins en fonction de leurs décisions. Bien entendu, ils peuvent prendre des initiatives imprévues, et le maître de jeu doit alors improviser pour continuer l'histoire vaille que vaille. Dans les parties longues (on parle de « campagne » quand les joueurs se voient par exemple tous les samedis pour continuer le scénario), il peut stopper le jeu pour y réfléchir jusqu'à la séance suivante. Impossible dans une murder-party qui se déroule sur le temps d'une soirée ! Dans un killer il peut introduire une mission annexe pour occuper les joueurs le temps de trouver une parade.

Cette dimension d'improvisation n'existe pas dans les jeux d'aventure sur ordinateur, abusivement appelés « jeux de rôle » , parce que l'ordinateur ne sait pas improviser. On se retrouve coincé à se cogner aux murs jusqu'à ce qu'on trouve enfin la solution que le gentil scénariste a prévue pour vous.

On trouve dans le commerce des scénarios de jeu de rôle narratif et de murder-party prêts à jouer (enfin, prêts à jouer, c'est vite dit, il vaut mieux que le MJ les ait potassés un peu avant quand même !). A ma connaissance, ça n'existe pas pour le killer. Les éditions Steve Jackson Games ont édité des règles et conseils sous le simple nom de « killer ». C'est commercialisé en France par Descartes Éditeur.

Un petit clin d'oeil à Christian pour finir : quand les joueurs doivent fouiller la piaule du vilain, il serait bien qu'il évite d'y laisser traîner son exemplaire du scénario!

 
Haut de page